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Le Hip Hop à Luanda (Angola)

Un article de C. Buire et A. Simetière sur le hip hop à Luanda (Angola)

Paru en juillet 2011, dans le numéro 76 de la revue Géographie et Cultures, un article sur le mouvement hip hop à Luanda, capitale de l’Angola, réalisé par Chloé Buire et Arnaud Simetière, et présenté dans le cadre de la Journée "Peut-on parler de musique noire ?", proposée par les éditions Mélanie Seteun et des laboratoires ADES et CEAN (Bordeaux), à Bordeaux le 13 avril 2010.

« Les ‘désirs d’être’ du hip hop à Luanda, par-delà les clichés de l’Atlantique noir  » par Chloé Buire (laboratoire Gecko, Université Paris Ouest Nanterre) et Arnaud Simetière (Pôle de ressources Ville et développement social, BAB Musique)

À la fin des années 1970, un mouvement artistique pluridisciplinaire émerge du Bronx, le quartier ‘noir’ de New York. À l’aide de quelques bombes de peinture ou de vieux disques vinyles, le hip hop exprime la fierté d’être du ghetto, d’être minoritaire dans un monde où l’on n’a pas choisi sa place. Pendant ce temps là, l’Angola négocie son indépendance dans la guerre. Une guerre coloniale contre les Portugais tout d’abord, une guerre civile entre les partis de libération ensuite. En 2002, la paix s’installe enfin en Angola ; le mythe du hip hop new-yorkais dure toujours. À Luanda comme partout dans le monde, la jeunesse clame sa quête de reconnaissance sur des samples inspirés du Bronx. Mais le rêve d’une résistance ordinaire ‘par le bas’ (l’underground) s’entrechoque avec la réalité d’un formatage ‘par le haut’ (le mainstream) qui réduit le hip hop à son expression musicale (le rap), qui en institutionnalise l’offre et la demande. « Musique populaire, de jeunes, commerciale, urbaine », en déconstruisant les clichés du genre les auteurs dévoilent l’invention d’une société citadine au jour le jour. Les clips présentés dans l’article, tous accessibles en ligne, expriment à leur manière l’espoir d’une ville plus juste, après un demi-siècle de guerre.